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samedi 26 novembre 2022
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Mangrove - photo : pixabay

Préservation de l’écosystème des mangroves

Changements climatiques : la préservation de la mangrove est au cœur des préoccupations au Sénégal.

Au Sénégal, près de 40 % de la superficie de la mangrove est portée disparue depuis 1970, des suites de la sécheresse et de l’augmentation des températures. Avec le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publié le lundi 28 février, l’adaptation au changement climatique est à l’ordre du jour.

Les enjeux sont particulièrement pressants au Sénégal avec la disparition de 40 % de la mangrove. Dans le Sine Saloum, au Sud du pays, les populations essaient tant bien que mal de s’adapter et de préserver cet écosystème fragile et plus que nécessaire pour elles.

La mangrove est une zone humide entre terre et mer qui protège le littoral de l’érosion côtière et de la salinisation des terres agricoles. Toutefois, après une surexploitation par l’homme, elle est aujourd’hui menacée par la sécheresse et l’augmentation des températures.

Marianne Ndong, mère de six enfants, s’est exprimée avec beaucoup d’émotions sur cet écosystème “Sans la mangrove, notre village et nos populations allaient disparaître”. La mangrove arrête les flots sur le rivage et préserve ainsi le village. Pour maintenir cette barrière protectrice, les populations se sont mobilisées pour participer à son reboisement et à sa restauration.

Par ailleurs, les femmes qui vivent de l’ostréiculture ont délaissé les méthodes traditionnelles de récolte, qui consistaient à couper les racines des arbres de la mangrove, où étaient accrochées les huîtres sauvages, pour une pratique plus durable d’élevage en grappe sur des guirlandes de coquilles enterrées dans l’eau saumâtre. Leur implication dans le reboisement est récompensée par un accompagnement dans le développement des activités génératrices de revenus.

En effet, l’association inter-villageoise de développement leur enseigne par exemple de nouvelles techniques et pourvoit au matériel. Le coordonnateur de l’association, Mamadou Bakhoum, explique que le choix de se tourner vers l’élevage des huîtres s’est imposé, car il permettait de répondre à deux objectifs, à savoir, permettre aux femmes de générer de l’argent et aussi trouver une solution à un problème écologique. En effet, l’ostréiculture est une filière porteuse encore mal exploitée par les sénégalais, car l’Etat n’en fait pas une priorité.

“Avec les mangroves qui disparaissent encore plus vite que les forêts, l’adaptation est une urgence pour la sauvegarde des écosystèmes qui font vivre les petits producteurs.”

Aujourd’hui, c’est notamment grâce à une institution onusienne, le Fonds international de développement agricole, que les populations parviennent à allier écologie, rentabilité et sécurité alimentaire. Le chargé du programme au Sénégal, Semou Diouf, déplore l’absence d’une action coordonnée de protection, de conservation et de restauration de la mangrove. Selon lui, il est plus que temps de disposer beaucoup plus de ressources et d’investissements, tant au niveau national qu’international, en vue de sauvegarder les écosystèmes qui font vivre les petits producteurs. S’adapter est une urgence à cette heure où les mangroves disparaissent encore plus rapidement que les forêts.

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