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Bakel : Les agriculteurs en détresse face à la pollution des eaux de la Falémé et du fleuve Sénégal

Dans les communes de Bakel et de Kidira, une menace grandissante pèse sur les moyens de subsistance des agriculteurs, maraîchers, et producteurs locaux. La source du problème réside dans la pollution des eaux du fleuve Sénégal et de son affluent, la Falémé, causée par l’utilisation intensive de produits chimiques dans la région de Kédougou, située à 50 kilomètres en amont.

Les agriculteurs de Kidira dépendent des eaux de la Falémé pour l’irrigation de leurs cultures, tandis que ceux de Bakel utilisent les eaux du fleuve Sénégal pour le maraîchage sur de vastes étendues. Cependant, ces ressources vitales ont été gravement affectées au fil des ans en raison de la pollution générée par les activités d’orpaillage dans la région de Kédougou.

Demba Niang, président de l’union des producteurs horticoles de Bakel, exprime son inquiétude face à la détérioration constante de la qualité de l’eau. Il explique que les produits chimiques tels que le cyanure et le mercure, utilisés par les orpailleurs pour extraire l’or, contaminent la Falémé, qui se déverse ensuite dans le fleuve Sénégal.

L’impact de cette pollution se fait sentir de manière significative sur l’agriculture irriguée à Kidira. La toxicité des eaux de la Falémé et du fleuve Sénégal, constatée au cours des cinq dernières années, a entraîné une baisse drastique des rendements agricoles. Les cultures autrefois prospères, telles que le maïs, les patates, et le gombo, sont maintenant en déclin, laissant place à une eau boueuse et toxique.

À Kidira, des femmes ont été contraintes d’abandonner leurs périmètres maraîchers le long de la Falémé pour se tourner vers une agriculture irriguée à l’aide d’eau de forage. Cette migration agricole témoigne de la gravité de la situation, laissant entrevoir un avenir sombre pour l’agriculture locale.

Issa Coulibaly, président du GIE Doundé Kidéguilé à Bakel, partage les mêmes préoccupations. L’utilisation de l’eau du fleuve pour l’irrigation entraîne une perte considérable des cultures dès le lendemain. La diversité des cultures a également diminué, avec des spéculations agricoles telles que la patate douce, l’haricot, le maïs, et le concombre ne parvenant plus à mûrir normalement.

Le problème dépasse les frontières locales, s’étendant sur une distance de 650 kilomètres le long de la Falémé, de Aroundou à la frontière guinéenne. Opa Guiro, membre du comité de veille et d’alerte de la Falémé Mali-Sénégal, souligne l’urgence de mettre un terme à l’orpaillage artisanal en faisant déguerpir les orpailleurs clandestins de la région. Il appelle les chefs d’État du Sénégal, du Mali et de la Guinée à coopérer pour résoudre ce problème environnemental majeur.

Face à cette crise écologique, les producteurs, maraîchers et agriculteurs de la zone prévoient des manifestations pour sensibiliser et protéger leurs sources de revenus. Les appels à l’action se multiplient, mettant en lumière la nécessité d’une intervention urgente pour sauver l’agriculture locale et restaurer la qualité des eaux du fleuve Sénégal et de la Falémé.

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