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L’Afrique et le Sénégal montrent la voie face à la sécheresse

Améliorer la gestion de l’eau et la concertation : L’Afrique montre la voie face à la sécheresse.

La réutilisation des eaux usées, la recharge des nappes d’eau souterraine et l’agroforesterie sont quelques-unes des techniques utilisées dans les projets de développement en Afrique, notamment dans le cadre de programmes visant à s’adapter au changement climatique. Ces approches offrent des solutions efficaces pour lutter contre la sécheresse et pourraient également être mises en œuvre dans d’autres régions du monde.

Le sixième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), publié en mars 2023, souligne clairement que les épisodes de sécheresse sont devenus plus fréquents qu’auparavant et que les risques associés à leur survenue, ainsi que leur intensité, continueront d’augmenter en raison du changement climatique.

Dans de nombreuses régions du globe, il deviendra de plus en plus difficile de répondre aux besoins en eau des populations, de l’agriculture et de l’industrie à l’avenir. En plus des efforts déployés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, il est impératif de mettre en place des solutions d’adaptation concrètes et éprouvées. À cet égard, les pays africains ont des expériences précieuses à partager.

Le Sénégal mise sur l’amélioration de la recharge des Nappes Phréatiques.

La région de Pout, au Sénégal, abrite des ressources en eau souterraine cruciales qui alimentent 25 % de la région de Dakar, Thiès et Petite Côte. Cependant, les activités d’exploitation minière et d’agriculture irriguée ont mis une pression considérable sur ces nappes, qui ont du mal à se recharger en raison des effets du changement climatique.

Face à cette menace imminente, le gouvernement sénégalais a pris l’initiative, en partenariat avec le programme AdaptAction du groupe AFD, de lancer un projet visant à protéger les ressources en eau et à améliorer la recharge des nappes phréatiques grâce à des solutions fondées sur la nature. Ce projet repose sur la promotion de l’infiltration et de la récupération des eaux de pluie, notamment par la réhabilitation de bassins de rétention, le reboisement d’espaces naturels et l’installation de digues filtrantes.

Ces initiatives sont complétées par la mise en place de pratiques agricoles axées sur la réduction de la consommation d’eau, telles que l’apport de matière organique, la réduction des pesticides et le développement d’écosystèmes. Cette approche holistique non seulement renforce la sécurité de l’eau, mais favorise également une agriculture plus durable.

Améliorer la concertation

Le GIEC souligne dans son dernier rapport que le développement résilient au dérèglement climatique progresse lorsque les acteurs travaillent ensemble pour concilier leurs différents intérêts, valeurs et visions du monde, en vue d’obtenir des résultats équitables et justes. En d’autres termes, la concertation est souvent la clé pour progresser vers des solutions souhaitables pour tous.

Christophe Buffet, responsable du programme AdaptAction à l’AFD, explique : « Toute solution d’adaptation au changement climatique est contextuelle. Il faut prendre le temps d’étudier chaque cas. Mais l’approche technique n’est pas suffisante. Elle doit s’intégrer dans une démarche de dialogue de politiques publiques incluant l’ensemble des parties prenantes. » Il met en garde contre le risque de « maladaptation » où certains groupes de populations s’adaptent au détriment d’autres, ce qui pourrait exacerber les tensions et les conflits. La concertation est donc devenue indispensable.

Un exemple concret de cette approche se trouve dans le projet de recharge des nappes phréatiques dans la zone de Pout, au Sénégal. Les structures et les composantes du projet ont été co-construites grâce à une approche participative associant l’ensemble des acteurs, qu’il s’agisse de ministères, d’organismes scientifiques, de communes, d’associations de maraîchers, d’associations de femmes, d’entreprises de l’agroalimentaire, de mines et carrières, de cimentiers, et bien d’autres. Cette association des parties prenantes dès le début de l’étude de faisabilité a permis d’initier une démarche collective et de développer un sentiment d’appartenance à un territoire. Cette co-construction se poursuit et se renforce dans le cadre du projet.

Dans le cadre du programme AdaptAction, ces démarches participatives sont encouragées à tous les niveaux pour favoriser la traduction des sciences du climat en politiques publiques et en investissements plus résilients. Cette approche inclusive et concertée, combinée à des techniques innovantes de gestion de l’eau, offre une lueur d’espoir face à la sécheresse croissante et aux défis du changement climatique, montrant ainsi que l’Afrique peut inspirer le reste du monde dans la lutte pour un avenir plus durable.

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